Oui, ça patine : sur le terrain, dans les meetings, à la sortie des entreprises l'accueil est excellent. Les gens apprécient Marie-George Buffet et nos propositions, qui leur paraissent très sympathiques. Le SMIC à 1500€, la sécu à 100%, le développement du service public : tout ça c'est génial et on en rêve tous.

Mais au fond, personne n'y croit vraiment. Mais peu le disent.

Alors ça donne cette campagne bizarre, avec un formidable capital de sympathie, un peu comme quand on refait le monde autour d'un café entre potes, tout en sachant que la vraie vie va reprendre en sortant du bistrot.

Car la chape de plomb patiemment coulée depuis des années par le néolibéralisme et ses grands médias est redoutablement efficace : c'est la mondialisation, on n'y peut rien, il faut courber l'échine sinon c'est la délocalisation. Cette question est la clé du basculement de la campagne.

Après avoir essayé de nous imposer leur Europe de la concurrence libre et non faussée, les mêmes essayent aujourd'hui de confisquer cette campagne, avec les mêmes armes : matraquage de sondages tripatouillés, et confiscation du vrai débat au profit de thèmes débiles qui changent toutes les semaines : hier la valeur travail, aujourd'hui le drapeau et la marseillaise, demain un autre n'importe quoi.

C'est ce décalage entre la campagne et les vrais interrogations profondes des électeurs qui a inspiré mes deux dernières notes.

Mais le compte-rendu du dernier café politique organisé dans notre quartier raisonne comme un signal d'alarme !

Extrait :

"Une vingtaine de participants... tous très passionnés... dont 3 militants de la section... La fréquentation du café étant disons très populaire, la discussion a été franche, et les mots employés étaient très directs... Pour parler clair, tout le monde allait droit au but de ses préoccupations...
[.../...]
Une troisième partie, la plus longue a tourné autour de la mondialisation, autour de laquelle nous avons essayé, non sans mal de convaincre l'assistance des réformes qu'il est possible de mettre en oeuvre..."

Tout est dit.

Le pire étant que nous avons des solutions à proposer (voir cette note) ! Mais elles ne sont pas suffisamment portées par la direction du parti, et pas assez connues des militants !

Il nous reste trois semaines pour provoquer un grand débat national autour des délocalisations et des solutions politiques à apporter à ce fléau. Ouvrir ce débat est la meilleure façon de lutter contre Sarkozy (c'est son pote Devedjian qui l'affirme lorsqu'il se dit bien content que la campagne ne porte pas sur la question du libéralisme, car sinon ils la perdraient !). Mais c'est aussi la meilleure façon de marquer clairement notre différence !

Marie-George Buffet ne devrait plus parler que de ça ! Quand elle réagit au sujet débile de la semaine (le drapeau par exemple), elle doit dire une seule chose : "le drapeau, ça n'empêche pas les Français de dormir ! Ce qui les préoccupe, c'est les délocalisations ! Nous avons des propositions, discutons-en, il faut ouvrir un grand débat national sur les délocalisations !"

A chaque intervention, elle doit marteler cette exigence.

Peut-être faudrait-il ouvrir une pétition en ligne réclamant l'ouverture de ce débat ?

Qu'en pensez-vous ?

- publié sur mon blog -